Poitrine « en chantier » ; le long chemin de la reconstruction

Trois mois…trois mois se sont écoulés depuis ma double mastectomie prophylactique (joli mot pour dire préventive).

L’heure du bilan trimestriel à sonné ; Ma poitrine est un vrai chantier !

La platitude qui avait dévasté mon joli buste à laissé la place à deux « seins » que je me permets de mettre entre guillemets (après tout ceux sont les miens! ) tant ils ont décidé de ne pas se ressembler et de suivre chacun leur chemin!

je devrais dire deux volumes car ce ne sont pas encore des seins même si tous les critères visuels esthétiques répondent présents à l’appel.

Après la douleur de la mastectomie apaisée ( si si…je m’en suis remise mais Dieu que j’ai morflé!), le long chemin de la reconstruction a pu démarrer.

J’ai choisi avec l’aide des médecins de reconstruire ma poitrine avec du lippomodelage ; pour faire court, on m’aspire mes graisses dont je ne veux plus pour me les réinjecter… dans mes seins  🙂 (Ben oui…quitte à misérer toute sa vie à cause d’une mutation génétique, autant en tirer les bénéfices quand on peut!). Mais pour ce faire, encore faut-il avoir des seins…et c’est bien là tout le problème…je n’en ai plus!

La première phase de la reconstruction consiste donc à recréer deux volumes. Je suis donc allée depuis début septembre me faire gonfler mes expandeurs posés lors de ma mastectomie. Le but étant de créer un volume de base et d’accueil à la chirurgie esthétique basée sur les transferts de graisse.

Les séances ont lieu tous les 15 jours et consistent à injecter via une seringue du sérum physiologique dans mes expandeurs et ainsi voir un volume apparaitre…c’est de la sculpture au sérum phy! Ces expandeurs se trouvent derrière mon muscle pectoral et de cette manière modèlent mon muscle d’un volume rond qui petit à petit ressemble à un sein.

Lorsque je suis arrivée le jour de la première séance, j’étais apaisée. Les douleurs de l’abblation avaient disparu, j’assumais ma platitude et j’étais plutôt soulagée d’avoir franchi cette étape qui me stressait tant…mais c’était sans avoir conscience des effets collatéraux des séances de gonflage.

Je m’excuse d’avance de la forme en liste, de mes termes non arrondis, pas assez policés et certainement trop directs pour une prof de com censée savoir manier l’art du discours mais l’heure est au témoignage et je mets d’ors et déjà tout ce qui pourrait choquer sur le compte d’un stress traumatique post opératoire! 😉 trève de plaisanterie…j’en ai marre de ne pas en parler pour ne pas gêner, c’est la réalité de beaucoup de femmes ayant subi une mastectomie, l’ablation est certes une étape douloureuse mais la reconstruction porte bien son nom…elle est compliquée!

  1. Le premier effet … je m’amuse à l’appeler le « zéro rien », l’effet kiss cool par excellence post mastectomie, on vous enfonce une aiguille de 10 cm dans le sein, les yeux grands ouverts en vous disant :  « vous pouvez fermer les yeux mais ne vous inquiétez pas, vous n’allez rien sentir » …ah ben oui en effet, « zéro rien », je ne ressens…plus rien! et non, ce n’est pas parce que j’avais bénéficié d’une anesthésie ou consommé certains produits euphorisants mais bien parce que je n’ai plus de glande mammaire. Plus de nerfs…plus de vie dans mes seins.
  2. L’impression d’être une poupée gonflable…quand les yeux fixés sur la platitude de mon buste je vois d’un seul coup sortir l’esquisse d’un volume en 3 minutes clés en main! (c’est impressionnant, ça gonfle tout de suite, deux ballons…deux petits ballons complétement immobiles et rigides)
  3. La douleur qui arrive quelques minutes après …ben oui…ce pauvre muscle pectoral qui n’a rien demandé, on lui impose de se décoller et de se modeler sous la pression de l’expandeur. La douleur omni présente s’installe et nous rappelle au même titre que le cheminement corporel ne fait que commencer.

Ce dernier effet est le plus lourd en ce qui me concerne , car si je peux trouver des raisons concrètes de rire de tout ça, la douleur omni présente a souvent raison de mon énergie et me rappelle à l’ordre, moi, qui a tendance, à toujours vouloir repousser mes limites.

Je suis donc fatiguée, souvent épuisée par cette douleur, je ne peux dormir que sur le dos et je suis incapable de me positionner sur le côté, esthétiquement, ça commence à sérieusement pointer le bout de son nez 😉 youpi…j’ai des seins!

Mais comme rien n’est simple , mes expandeurs ne se sont pas positionnés de la même manière et vivent leur vie malgré moi et  malgré l’œil avisé du chirurgien qui ne cesse de me dire « Ne cherchez pas à obtenir un résultat esthétique pour l’instant, le but de cette première étape est de créer un volume et une expansion tissulaire » … Patience est donc devenu mon maitre-mot car j’ai compris au bout de trois mois que ma poitrine allait être en chantier encore un bout de temps. J’opterais donc pour la collection hiver 2015 pour le magnifique col roulé large ou les blouses amples bohèmes avant de pouvoir orner fièrement mes boobs dans des décolletés et autre vêtements près du corps avec beaucoup d’espoir si tout va bien…l’été prochain!

et puis je pense souvent à Gustave et me dis que la Tour Eiffel ne s’est pas construite en un jour! 😉

#PowerMutantes ❤

Construction_tour_eiffel3

 

 

 

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