Ma soeur… « Mon âme soeur »

soeurs

L’écriture est parfois douce mais parfois très difficile. L’envie d’écrire un article sur ma soeur est présente depuis le jour où j’ai ouvert ce blog , je la regarde au fil des jours se battre contre son cancer et je l’admire, la trouve courageuse et tellement belle!

Vous présenter la liste des guerrières que je croise au COL (Centre Oscar Lambret de Lille) depuis que je suis suivie en oncogénétique ressemblerait à une longue liste d’héroïnes sans couleurs si je ne commence pas par rendre hommage à ma soeur!

Agée de quatre années de plus que moi, elle a toujours été protectrice et maternelle, assumant pleinement ce rôle que la vie lui a infligé très tôt, ce rôle de « grande » soeur. Je dois dire que lorsque je prononce aujourd’hui le mot « grande » soeur, il prend toute son ampleur! Elle est depuis un an et demi, un exemple et plus que jamais… mon pilier.

Elle n’a pas eu la même chance que moi, le cancer lui a été diagnostiqué, elle n’a rien choisi et a du subir une chirurgie mutilante en urgence d’un sein suivi d’une lourde chimiothérapie et d’une radiothérapie le tout couronné d’une reconstruction mal appréhendée autant par elle que par les médecins qui la suivent.

Elle souffre. Elle souffre beaucoup. 

Souvent en silence, comme ma mère a pu nous l’apprendre lorsque nous étions petites,  toujours avec le sourire et la force qu’il faut pour que ses enfants ne s’aperçoivent de presque rien et pour ne pas m’imposer une répétition dans laquelle, elle, vertigineusement et infailliblement, se projette.

Elle a mis plus de quinze jours à me dire, m’avouer ce lourd diagnostic, cette annonce qui lui a été d’une violence inouïe. Elle me raconte souvent qu’elle n’a pas dormi, qu’elle a regardé ses enfants  en pensant qu’elle n’allait pas survivre comme notre mère.

Car le problème est bien là, le gène nous vient de notre mère, celle qui nous a appris qu’il fallait se battre pour survivre mais c’est aussi celle qui n’a pas survécu.

Je lui répète souvent qu’il y a 25 années d’écoulées et que les choses ne sont plus pareilles…petit à petit , on y croit, on se persuade, on rit!

Elle a, je dois dire, une force incroyable que j’admire, une élégance, un humour inébranlable. Je l’ai vu pleuré, je l’ai vu souffrir, je l’ai vu grandir. Elle est devenue en un an et demi, une autre personne, qu’elle revendique pour se différencier de cette mère à qui elle ressemble tant!

Elle va bien et se prépare à enlever son deuxième sein et ses ovaires dans quelques jours, toujours plus combative, toujours plus rassurante.

Elle est pour moi une guerrière sans nom, sans adjectif, sans mesure, une guerrière éternelle, une femme que j’accompagne depuis un an et demi devant ses plus profondes angoisses et qui arrive sans cesse à m’étonner.

Et Grande soeur, regarde comme je t’aime

Et grande soeur, je suis près de toi, je te lâche pas!

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